Liste des titres/Track List:
1. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 1: 1. Allegro
2. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 1: 2. Andante
3. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 1: 3. Allegro
4. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 1: 4. Final. Allegro con moto scherzando
5. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 2: 1. Molto moderato
6. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 2: 2. Sicilienne
7. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 2: 3. Andante
8. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 3: 1. Allegro moderato
9. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 3: 2. Assez animé
10. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 3: 3. Allegretto
11. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 3: 4. Final. Allegro con moto
12. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 4: 1. Menuet
13. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 4: 2. Andante
14. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 4: 3. Intermezzo
15. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 4: 4. Final. Allegro non troppo
16. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 5: 1. Allegro moderato
17. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 5: 2. Andante
18. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 5: 3. Petite fugue
19. 5 Piano sonatines, Op. 59, nº 5: 4. Final. Allegro con moto
20. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 1: 1. Moderato, sans lenteur
21. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 1: 2. Andante moderato
22. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 1: 3. Bien allant, gai et doux
23. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 1: 4. Final. Allegro con moto
24. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 2: 1. Andante
25. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 2: 2. Andante espressivo
26. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 2: 3. Menuet
27. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 2: 4. Allegro
28. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 3: 1. Scherzando molto moderato
29. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 3: 2. Mouvement de Sicilienne
30. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 3: 3. Allegro moderato
31. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 4: 1. Animé
32. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 4: 2. Scherzando moderato
33. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 4: 3. Assez lent
34. 4 Nouvelle sonatines, Op. 87, nº 4: 4. Final. Allegro con moto
35. Choral sur le nom de Fauré, Op. 73bis
Information – Français
Les 5 Sonatines pour piano, Op. 59, composées par Charles Koechlin entre 1915 et 1916, constituent un témoignage fascinant de la volonté du compositeur de concilier simplicité pédagogique et modernité harmonique. Bien que le terme « sonatine » suggère une forme réduite et une accessibilité technique — elles furent d’ailleurs écrites avec une intention didactique — l’œuvre dépasse largement le cadre de l’exercice pour enfants.
Dans cet opus, Koechlin déploie un langage d’une grande pureté, souvent décrit comme une forme de « classicisme renouvelé ». Contrairement à la densité orchestrale qu’il peut parfois explorer, il privilégie ici une écriture aérée, presque diaphane. On y retrouve sa signature harmonique unique : un mélange de modes anciens, de polytonalité discrète et d’enchaînements d’accords qui semblent flotter hors du temps.
Chaque sonatine possède son propre climat, oscillant entre une fraîcheur pastorale, une mélancolie contemplative et une vivacité ludique. Le compositeur évite la virtuosité gratuite pour se concentrer sur la ligne mélodique et la transparence des textures. Cette économie de moyens n’exclut pas une grande subtilité émotionnelle ; le jeu des nuances et la précision du toucher y sont essentiels pour rendre justice à la poésie qui s’en dégage.
En somme, l’Opus 59 illustre parfaitement la philosophie de Koechlin : une quête permanente de lumière et de clarté, où la rigueur de la structure s’efface derrière une apparente spontanéité. C’est une musique qui ne cherche pas à impressionner par la force, mais à séduire par son intelligence et sa douceur.
Composées entre août 1923 et octobre 1924, les Quatre Nouvelles Sonatines, Op. 87 marquent une étape de maturité dans la production pianistique de Charles Koechlin. Si elles partagent avec l’Opus 59 une économie de moyens et une apparente simplicité, elles s’en distinguent par une liberté harmonique accrue et un esprit que le musicologue Otfrid Nies qualifie de “petit joyau de l’esprit français”, où chaque mesure réserve une surprise.
L’écriture de ce recueil témoigne de l’évolution de Koechlin vers une esthétique de plus en plus épurée, presque linéaire. On y trouve un contrepoint d’une grande fluidité, souvent nourri par la polytonalité et des modes anciens, créant des atmosphères qui semblent s’élever au-dessus de la gravité. Bien que l’œuvre soit dédiée à Edmée Ortmans et qu’elle conserve un aspect didactique par sa clarté, elle exige une grande finesse de jeu pour traduire les nuances poétiques et les contrastes de lumière qui la parcourent.
Chaque sonatine propose un voyage intérieur différent : la troisième, par exemple, se distingue par une Sicilienne d’une grâce mélancolique, tandis que les mouvements finaux, comme celui de la première, retrouvent une verve ludique et une animation rythmique sans jamais tomber dans la dureté. La création intégrale par le pianiste Marius-François Gaillard en 1929 a révélé au public parisien la richesse de ces pièces qui, sous des dehors modestes, cachent une science harmonique profonde et une sensibilité d’une rare élégance.
Overview – English
Charles Koechlin’s 5 Sonatines for Piano, Op. 59, composed between 1915 and 1916, represent a masterful intersection of pedagogical intent and sophisticated modernism. While the title “Sonatine” traditionally implies a smaller scale or instructional purpose, Koechlin uses this form to explore a “renewed classicism”—a style that is outwardly simple and transparent yet harmonically rich and structurally inventive.
The cycle is characterized by a luminous, aethereal quality that avoids the dense, heavy textures often found in Late Romanticism. Instead, Koechlin employs a lean, linear writing style influenced by his deep admiration for J.S. Bach and his mentor, Gabriel Fauré. Throughout the five pieces, listeners encounter a unique blend of modal scales, polytonality, and shifting tonal centers that feel static and timeless rather than restlessly driven. This “diaphane” or translucent texture allows the melodic lines to breathe, often evoking a pastoral or contemplative atmosphere.
Each sonatina within the opus follows its own distinct path. The first three are generally more concise, while the final two expand into broader, more ambitious structures. For example, the Sonatina No. 5 includes a “Petite fugue,” showcasing Koechlin’s mastery of counterpoint within a modern harmonic framework. Despite their technical accessibility, these works demand a high degree of sensitivity; they rely on a delicate touch and a keen sense of nuance to convey their underlying poetry. Ultimately, the Op. 59 Sonatines serve as a perfect introduction to Koechlin’s broader aesthetic—one that finds profound beauty in clarity, light, and the “spinning out” of simple musical ideas into vibrant, evocative landscapes.
Charles Koechlin’s 4 Nouvelles Sonatines, Op. 87, composed between 1923 and 1924, represent a refined peak in his piano writing, building upon the foundations of his earlier Op. 59 set. While the term “new” distinguishes them from his previous sonatines, it also signals a subtle shift in his aesthetic—moving toward an even more streamlined, linear clarity and a “contrapuntal strength” that characterizes his middle period. These works are often described as “refined gems” that embody the quintessence of the French spirit: light, witty, and perpetually surprising.
The hallmark of this collection is its deceptive simplicity. Although the movements are generally brief—most lasting around two minutes—they are harmonically adventurous, utilizing polytonality and modal shifts to create a shimmering, kaleidoscopic effect. A notable example of Koechlin’s technical ingenuity occurs in the first movement of the Sonatine No. 1, which employs a “Shepard tone” effect—a melody that seems to rise infinitely by cycling through octaves, creating a sense of perpetual ascent. This fusion of academic rigor (like the use of canon and fugue) with a dreamy, almost childlike transparency creates a sound world that feels both ancient and modern.
The four sonatines offer a diverse range of moods, from the melancholic grace of the Sicilienne in the third sonatine to the playful, rhythmic vitality of the various Scherzando and Allegro movements. Throughout the set, Koechlin avoids the bravado of the 19th-century virtuoso tradition, focusing instead on the “purely melodic line” and the subtle interplay of voices. Dedicated to Edmée Ortmans and premiered in full by Marius-François Gaillard in 1929, the Op. 87 remains a testament to Koechlin’s belief that profound musical expression does not require grandiosity, but rather a perfect balance of light, economy, and intellectual curiosity.
Genres/Styles: Impressionist, Late Romantic, Modernist, Piano Solo, Solo Instrumental
Similar Composers: Gabriel Pierné, Florent Schmitt, Albert Roussel, Maurice Ravel, Claude Debussy, Gabriel Fauré
Cover Art: « Effet de printemps à Giverny » (1890) de Claude Monet