Mémoires sur Bedauernswert de Rentaro Taki, information, analyse et tutoriel de performance

Aperçu général

“Bedauernswert (Regret)” ou simplement “Regret” (Urami) est une pièce poignante pour piano solo composée par le célèbre compositeur japonais Rentaro Taki (1879–1903). Elle est particulièrement significative car il s’agit de sa dernière œuvre, composée en 1903, quelques mois seulement avant sa mort prématurée à l’âge de 23 ans.

Voici un aperçu général :

Compositeur : Rentaro Taki, un enfant prodige de la musique de l’ère Meiji au Japon, connu pour avoir intégré les styles musicaux occidentaux aux sensibilités japonaises.

Contexte de la composition : Taki s’était rendu au Conservatoire de Leipzig en Allemagne pour poursuivre ses études, mais il tomba gravement malade de la tuberculose pulmonaire et dut retourner au Japon. “Regret” fut écrit pendant sa convalescence infructueuse, seulement quatre mois avant qu’il ne succombe à la maladie. Sur le manuscrit autographe, il écrivit lui-même “Docteur, Docteur.”

Nature de la pièce : C’est une œuvre pour piano tragique et brève, souvent décrite comme féroce, remplie de gammes en octaves et de cadences emphatiques. Elle transmet le sentiment du compositeur confrontant sa fin imminente, reflétant le “regret” ou la “rancune” impliquée par le titre japonais Urami.

Signification : En tant qu’œuvre posthume de Taki, elle occupe une place spéciale dans son répertoire limité mais percutant. Bien qu’il soit plus largement connu pour des chansons populaires comme “Kōjō no Tsuki” (La Lune au-dessus du château en ruine) et “Hana” (Fleur), “Regret” témoigne de sa profondeur émotionnelle et de son talent de compositeur même dans ses derniers jours. C’est l’une des rares pièces pour piano qu’il ait laissées.


Caractéristiques de la musique

“Bedauernswert (Regret)” de Rentaro Taki, en tant que sa dernière composition et profondément personnelle, présente plusieurs caractéristiques musicales frappantes qui reflètent son état émotionnel et sa synthèse des influences occidentales et japonaises :

Ambiance tragique et sombre : La caractéristique primordiale est son ton profondément mélancolique et tragique. Cela est immédiatement évident d’après le titre lui-même (“Regret” ou “Rancune”) et est transmis par le choix de tonalités mineures (souvent implicitement ou explicitement dans un mode mineur), des tempos lents à modérés, et un sentiment général de lamentation.

Mélodies expressives : Bien que la pièce ne soit pas aussi ouvertement mélodique que certaines des chansons plus célèbres de Taki, les lignes mélodiques de “Regret” sont très expressives. Elles présentent souvent un mouvement disjoint, du chromatisme et un phrasé poignant qui contribue au sentiment de tristesse et d’introspection.

Langage harmonique : L’harmonie de Taki dans “Regret” est fermement enracinée dans la tradition classique occidentale, en particulier la période romantique tardive. Vous y trouverez des accords riches, des dissonances occasionnelles qui se résolvent pour créer tension et relâchement, et l’utilisation d’accords de septième et d’autres extensions qui ajoutent de la profondeur à la texture harmonique. Les progressions harmoniques contribuent souvent au sentiment de désir ou de désespoir.

Intensité rythmique et agitation : Malgré l’ambiance sombre, il y a des moments d’intensité rythmique et d’agitation. La description de la pièce comme “féroce, remplie de gammes en octaves” suggère des passages où Taki emploie des figures rapides et de fortes impulsions rythmiques, reflétant peut-être une lutte interne ou une explosion d’émotion. Ces contrastes rythmiques souligneraient le tourment émotionnel.

Figuration pianistique : La pièce est une œuvre pour piano solo, et Taki utilise une figuration pianistique idiomatique. Cela inclurait :

  • Gammes en octaves : Comme mentionné, celles-ci créeraient un effet puissant et souvent dramatique.
  • Figures arpégées : Utilisées pour créer des textures fluides ou pour construire une richesse harmonique.
  • Cadences emphatiques : Phrases musicales fortes et conclusives qui renforcent le sentiment de finalité ou de poids émotionnel.
  • Dynamiques contrastées : Changements soudains entre les passages doux et forts (piano et forte) pour accentuer le drame émotionnel.

Éléments programmatiques (implicites) : Bien qu’il ne soit pas explicitement programmatique avec une histoire, la musique transmet très fortement le sentiment de la lutte personnelle du compositeur avec la maladie et la mort imminente. Le “regret” ou la “rancune” dans le titre est musicalement incarné par l’intensité, les harmonies mélancoliques et les changements dramatiques.

Essentiellement, “Bedauernswert” est un témoignage concis mais puissant de la voix compositionnelle de Taki, où les sensibilités romantiques occidentales sont imprégnées d’un récit tragique profondément personnel, exprimé à travers ses mélodies sombres, ses harmonies riches et son écriture dramatique pour piano.


Analyse, tutoriel, interprétation et points importants pour le jeu

“Bedauernswert (Regret)” de Rentaro Taki est une pièce profondément expressive et personnelle, et son interprétation au piano exige non seulement une compétence technique, mais aussi une profonde compréhension émotionnelle. Compte tenu de son contexte historique et des circonstances tragiques du compositeur, chaque note est imprégnée de sens.

Voici un aperçu de l’analyse, de l’interprétation, des aspects tutoriels et des points importants pour le jeu :

Analyse : Décrypter le langage musical

Une analyse structurelle complète nécessiterait la partition, mais nous pouvons discuter de points d’analyse généraux basés sur les caractéristiques discutées précédemment :

  • Forme : Probablement une pièce à composition continue ou une forme ternaire lâche (ABA’), guidée par un récit émotionnel plutôt que par des structures classiques strictes. Recherchez des fragments mélodiques ou des progressions harmoniques récurrents qui unissent la pièce.
  • Tonalité et modalité : Attendez-vous à ce que la pièce soit principalement dans une tonalité mineure (ou des tonalités mineures), ce qui instaure immédiatement une ambiance sombre. Prêtez attention aux moments de modulation, car ceux-ci peuvent signaler des changements d’intensité émotionnelle ou un bref aperçu d’espoir ou de désespoir.
  • Contours mélodiques : Analysez la forme des lignes mélodiques. Sont-elles ascendantes, impliquant un effort ou un espoir, ou descendantes, suggérant la résignation ou la tristesse ? Y a-t-il des sauts soudains (mouvement disjoint) ou des mouvements doux et conjoints (mouvement conjoint) ? Ceux-ci contribuent à la qualité expressive.
  • Progression harmonique : Identifiez le langage harmonique. Les influences romantiques tardives de Taki signifient que vous trouverez probablement des accords riches, souvent avec des extensions (septièmes, neuvièmes) et du chromatisme. Recherchez les relations dominante-tonique, les cadences évitées et les changements soudains qui créent tension et relâchement.
  • Figures rythmiques : Notez les motifs rythmiques. Y a-t-il des notes tenues pour la réflexion, ou des figures rythmiques agitées (comme les gammes en octaves) qui transmettent le tumulte ? L’interaction du rythme et des dynamiques est cruciale pour exprimer le contenu émotionnel.
  • Indications de dynamique et de tempo : Les indications de Taki sont vitales. Ce ne sont pas seulement des suggestions mais des instructions sur la façon de transmettre l’émotion. Portez une attention particulière aux crescendos, diminuendos, aux changements dynamiques soudains (par exemple, sforzando) et aux fluctuations de tempo (rubato, accelerando, ritardando).

Interprétation : Transmettre l’émotion

C’est là que l’interprète donne vraiment vie à la pièce.

  • Le poids du titre : “Bedauernswert” (Regret/Pitié/Déplorable) et “Urami” (Rancune/Ressentiment/Regret) sont centraux. La pièce est une incarnation musicale des sentiments de Taki alors qu’il faisait face à sa mort imminente. L’interprétation doit transmettre ce profond sentiment de perte, de potentiel inachevé, et peut-être une étincelle de colère ou de défi.
  • Récit personnel : Imaginez l’état de Taki : un jeune compositeur brillant, loin de chez lui, frappé par la maladie, avec tant de musique laissée inachevée. La musique est son dernier cri. Votre performance doit refléter cette tragédie personnelle.
  • Le contraste est la clé : La pièce passe probablement entre des moments d’introspection tranquille et des explosions d’émotion intense. L’interprète doit souligner ces contrastes. Un forte soudain après un pianissimo n’est pas seulement un changement dynamique ; c’est une poussée émotionnelle.
  • “Docteur, Docteur” : La note manuscrite sur le manuscrit ajoute une autre couche. Elle parle de désespoir et peut-être d’un désir de guérison. Cela pourrait être interprété par un sentiment de supplication ou d’angoisse dans certaines phrases.
  • Licence poétique : Tout en respectant la partition, un certain degré de licence poétique (par exemple, un rubato subtil) est essentiel pour transmettre le flux et le reflux émotionnels, permettant à la musique de “respirer” et d’exprimer ses sentiments les plus profonds.

Aspects tutoriels et points importants pour le jeu au piano :

Interpréter “Bedauernswert” exige une combinaison de maîtrise technique et de sensibilité émotionnelle.

Considérations techniques :

  • Gammes en octaves et arpèges :
    • Détente : Cruciale pour la vitesse et l’endurance, surtout dans les passages en octaves. Évitez la tension dans les poignets et les bras.
    • Poids du bras : Utilisez le poids de votre bras, pas seulement la force des doigts, pour des octaves puissantes.
    • Uniformité : Assurez-vous que toutes les notes des gammes et des arpèges sont claires et uniformes, en maintenant l’intégrité rythmique.
    • Doigtés : Expérimentez pour trouver des doigtés confortables et efficaces pour les passages complexes.
  • Contrôle des dynamiques :
    • Gamme : Soyez capable de produire une gamme dynamique complète, du pianissimo le plus doux au fortissimo le plus résonnant.
    • Gradations : Pratiquez les crescendos et diminuendos subtils. L’impact émotionnel vient de l’accumulation et du relâchement progressifs de la tension.
    • Changements soudains : Maîtrisez les changements rapides de dynamique pour refléter les explosions émotionnelles ou les moments abrupts de désespoir.
  • Utilisation de la pédale :
    • Pédale de sustain : Utilisez la pédale de sustain avec discernement. Elle est essentielle pour créer de la résonance et un sens de l’atmosphère, mais évitez la sur-pédalisation, qui peut obscurcir l’harmonie.
    • Legato : Utilisez la pédale pour lier les phrases et créer un legato sans faille, en particulier dans les sections lyriques.
    • Clarté : Relâchez la pédale pour assurer la clarté harmonique, en particulier lors des changements d’accords ou des passages rapides.
    • Una Corda (pédale douce) : Envisagez d’utiliser la pédale una corda pour des passages pianissimo véritablement intimes ou fantomatiques afin de modifier la couleur sonore.
  • Voix et équilibre :
    • Mélodie vs accompagnement : Différenciez clairement la ligne mélodique des harmonies d’accompagnement. La mélodie doit chanter, même dans des textures denses.
    • Voix intérieures : Portez attention aux voix intérieures, qui peuvent ajouter de la richesse et un intérêt contrapuntique.

Points expressifs et interprétatifs :

  • Fluctuations de tempo (Rubato) :
    • Rubato intentionnel : Le rubato ne doit pas être arbitraire. Il doit servir le contenu émotionnel – une légère prolongation sur une note poignante, une subtile accélération dans les moments d’agitation, ou un ralentissement pour souligner un sentiment de résignation.
    • Intégrité rythmique : Même avec le rubato, maintenez une pulsation sous-jacente afin que la pièce ne se désagrège pas rythmiquement.
  • Phrasé :
    • Respiration : Pensez aux phrases musicales comme des respirations dans le langage humain. Façonnez-les avec des débuts, des climaxes et des résolutions.
    • Tension et relâchement : Chaque phrase doit avoir un sens d’accumulation de tension et de relâchement éventuel, reflétant les états émotionnels.
  • Couleur sonore :
    • Variété : Explorez différentes couleurs sonores du piano. Un ton sombre et résonnant pour les moments sombres ; un ton aigu et perçant pour les moments d’angoisse ; un ton délicat et chatoyant pour les moments d’introspection.
    • Poids vs légèreté : Variez le poids de votre toucher pour créer des sons différents.
  • Arc émotionnel :
    • Récit global : Considérez la pièce entière comme un voyage à travers les émotions de Taki. Comment l’intensité émotionnelle se construit-elle et se résorbe-t-elle ? Où sont les climax ?
    • Connexion personnelle : Tout en respectant l’intention du compositeur, trouvez un lien personnel avec les émotions exprimées. Cela rendra votre performance plus authentique et émouvante.

Pour vraiment maîtriser “Bedauernswert”, de multiples écoutes de différentes interprétations, associées à une pratique dédiée axée sur la précision technique et la profondeur émotionnelle, sont essentielles. C’est une pièce qui exige de l’interprète non seulement de jouer les notes, mais de vivre l’histoire que Taki a laissée derrière lui.


Histoire

“Bedauernswert (Regret)” de Rentaro Taki est née d’une période de profonde tragédie personnelle pour le jeune et brillant compositeur japonais. Taki, né en 1879, fut une figure centrale du développement précoce de la musique d’influence occidentale au Japon, et son talent le conduisit à étudier au prestigieux Conservatoire de Leipzig en Allemagne. Ce fut une opportunité significative, une chance d’approfondir sa compréhension de la musique classique occidentale en son cœur.

Cependant, son séjour en Allemagne fut tragiquement écourté. En 1902, Taki tomba gravement malade de la tuberculose pulmonaire, une maladie dévastatrice à l’époque sans remède efficace. La gravité de son état le força à abandonner ses études et à retourner au Japon en 1903, un voyage entrepris avec la claire connaissance que sa santé déclinait rapidement.

C’est dans ce sombre chapitre final de sa vie, pendant sa convalescence infructueuse, que “Bedauernswert” fut conçue. Composée seulement quatre mois avant sa mort en juin 1903, la pièce témoigne de manière poignante de sa souffrance et de son potentiel inachevé. Le titre même, “Bedauernswert”, un mot allemand signifiant “pitoyable”, “regrettable” ou “déplorable”, en dit long sur son état d’esprit. Le titre japonais, Urami (憾), intensifie encore ce sentiment, portant des connotations de “rancune” ou de “ressentiment” en plus de “regret”. Peut-être plus déchirant encore, Taki lui-même griffonna “Docteur, Docteur” sur le manuscrit autographe, un plaidoyer désespéré qui souligne la réalité agonisante de sa maladie.

“Bedauernswert” n’est donc pas seulement une composition musicale ; c’est une expression brute et non filtrée d’un jeune génie confrontant sa mortalité. C’est une déclaration finale et puissante d’un compositeur dont la vie fut tragiquement brève, mais dont l’impact sur la musique japonaise fut immense. En tant qu’œuvre posthume, elle demeure une réflexion solennelle et profondément personnelle d’un talent éteint trop tôt.


Épisodes et anecdotes

Le plaidoyer désespéré de Taki : Peut-être le détail le plus obsédant associé à “Bedauernswert” est la phrase “Docteur, Docteur” écrite de la main de Taki sur le manuscrit autographe. Ce simple et désespéré plaidoyer illustre vivement les dernières luttes du compositeur contre la tuberculose et son désir ardent d’un remède qui ne viendrait jamais. Il transforme la pièce musicale de simples notes sur une page en un cri direct et personnel d’un homme mourant.

Une “rancune” ou un “regret” ? La double interprétation du titre japonais Urami est fascinante. Bien que communément traduit par “Regret”, le mot peut également avoir la connotation plus forte de “rancune” ou de “ressentiment”. Cette ambiguïté permet une lecture émotionnelle plus profonde de la pièce – Taki regrettait-il simplement son destin, ou y avait-il aussi un élément de colère ou de frustration face à sa vie si injustement écourtée ? Cette dualité ajoute des couches au paysage émotionnel de la musique.

Son dernier testament (musical) : “Bedauernswert” revêt une immense importance en tant que dernière œuvre achevée de Taki. Il l’a composée en 1903, quatre mois seulement avant sa mort à l’âge tendre de 23 ans. Cela fait de la pièce une sorte de testament musical, un dernier déversement de son âme avant sa disparition. Son intense émotionnalité peut être considérée comme son dernier message au monde.

L’ombre de Leipzig : Bien que la pièce ait été composée à son retour au Japon, l’ombre de ses études inachevées au Conservatoire de Leipzig plane. La maladie de Taki l’a contraint à quitter cette prestigieuse institution, écourtant ce qui promettait d’être une carrière encore plus brillante. “Bedauernswert” peut être interprété comme son lamento pour le potentiel inachevé et les rêves laissés derrière à Leipzig.

Un contraste avec ses œuvres populaires : Taki est largement célébré au Japon pour ses chansons belles et accessibles comme “Kōjō no Tsuki” (La Lune au-dessus du château en ruine) et “Hana” (Fleur), qui sont enseignées dans les écoles et aimées par des générations. “Bedauernswert”, cependant, contraste fortement. C’est une pièce pour piano beaucoup plus sombre, plus introspective et techniquement exigeante, révélant une profondeur d’expression émotionnelle que les auditeurs de ses œuvres plus légères pourraient ne pas anticiper. Elle met en valeur une facette différente et plus sombre de son génie.

Un héritage bref mais puissant : L’ensemble de la production compositionnelle de Taki est relativement petit en raison de sa courte vie. “Bedauernswert” est l’une de ses très rares pièces pour piano survivantes, ce qui en fait une fenêtre particulièrement précieuse sur ses capacités de compositeur instrumental, au-delà de ses œuvres vocales plus célèbres. Elle démontre sa maîtrise des idiomes pianistiques occidentaux même s’il était aux prises avec une profonde souffrance personnelle.


Style(s), mouvement(s) et période de composition

Décomposons le style de “Bedauernswert (Regret)” de Rentaro Taki en nous basant sur sa composition en 1903, en gardant à l’esprit les tendances musicales du tournant du 20e siècle.

Style général :

La classification la plus appropriée pour “Bedauernswert” est le Romantisme tardif, avec des éléments définis de Nationalisme en raison des origines du compositeur et du contexte culturel de sa création.

Ancien ou nouveau à cette époque ?

En 1903, la musique de “Bedauernswert” aurait été considérée comme contemporaine pour son époque, s’alignant sur les tendances romantiques tardives prévalant en Europe (où Taki venait d’étudier). Bien qu’elle ne repousse pas les limites du modernisme précoce, elle n’était certainement pas “désuète”. Elle était fermement enracinée dans le langage expressif et harmonique établi de la fin du XIXe siècle.

Traditionnel ou innovant ?

  • Traditionnel (en termes de tradition classique occidentale) : Le langage harmonique, la forme (probablement une forme plus lâche typique des pièces de caractère romantique) et la figuration pianistique (gammes en octaves, arpèges, mélodies expressives) sont profondément traditionnels dans le contexte de la musique pour piano romantique occidentale. Taki était un étudiant assidu de cette tradition.
  • Innovant (dans le contexte de la musique japonaise) : Du point de vue de la musique japonaise de l’époque, “Bedauernswert” était incroyablement innovant. Taki fut un pionnier dans l’introduction de la musique classique occidentale au Japon. Bien qu’il ait incorporé des mélodies folkloriques japonaises dans certaines de ses autres œuvres, “Bedauernswert” est en soi un exemple puissant d’un compositeur japonais embrassant et maîtrisant pleinement un idiome classique occidental, mais avec une profondeur émotionnelle uniquement japonaise.

Polyphonie ou monophonie ?

“Bedauernswert” est principalement homophonique, ce qui signifie qu’elle présente une ligne mélodique proéminente soutenue par un accompagnement harmonique. Bien qu’il puisse y avoir des instances de contrepoint ou de polyphonie implicite dans les voix intérieures, la texture dominante est mélodie-et-accompagnement, caractéristique d’une grande partie de la musique pour piano romantique. Elle n’est certainement pas principalement monophonique (une seule ligne mélodique sans accompagnement).

Époques/mouvements spécifiques :

  • Classicism : Non. Le classicisme (fin du XVIIIe siècle) mettait l’accent sur l’équilibre, la clarté et les structures formelles comme la forme sonate. “Bedauernswert” est beaucoup trop chargée émotionnellement, harmoniquement riche et formellement libre pour être classique.
  • Romantisme / Post-Romantisme : C’est le plus précis. Composée en 1903, elle incarne parfaitement l’émotionnalisme accru, l’harmonie riche (y compris le chromatisme et les accords étendus), les contrastes dynamiques dramatiques et les lignes mélodiques expressives caractéristiques du Romantisme tardif. Certains pourraient s’étirer à l’appeler Post-Romantisme étant donné sa composition au tout début du XXe siècle, mais l’esthétique fondamentale est toujours fermement enracinée dans la tradition romantique du XIXe siècle plutôt que de s’en éloigner activement vers l’expérimentalisme du XXe siècle.
  • Nationalisme : Oui, définitivement. Bien que le langage musical soit romantique occidental, le fait qu’un compositeur japonais comme Taki, à l’avant-garde de l’introduction de la musique occidentale au Japon, ait écrit une pièce aussi profondément personnelle et émotionnellement résonnante, lui donne une forte connotation nationaliste. Il fut un symbole de l’adoption et de la maîtrise par le Japon d’une forme d’art mondiale, tout en conservant son identité culturelle unique et en exprimant sa tragédie personnelle. Ses autres œuvres incorporent explicitement des mélodies japonaises, consolidant son rôle de compositeur nationaliste.
  • Néoclassicisme : Non. Le néoclassicisme est apparu plus tard au XXe siècle en réaction à l’excès romantique, favorisant la clarté, l’équilibre et s’inspirant souvent des formes baroques ou classiques. “Bedauernswert” est l’antithèse de cela, étant intensément émotionnelle et très expressive.
  • Modernisme : Non. Bien que composée à l’aube du XXe siècle, “Bedauernswert” ne présente pas les ruptures radicales avec la tonalité, la complexité rythmique ou l’expérimentation formelle qui caractérisent le modernisme précoce (par exemple, l’atonalité, la polytonalité, le sérialisme, le contrepoint très dissonant ou les mélodies fragmentées). Elle est émotionnellement intense mais dans des paramètres romantiques établis.

En résumé : “Bedauernswert” est une pièce de caractère romantique tardive profondément émouvante, puissamment expressive, principalement homophonique, et revêt une importance nationaliste significative dans le contexte de l’histoire de la musique japonaise. Elle était contemporaine pour son époque, démontrant la maîtrise magistrale de Taki des traditions musicales occidentales.


Compositions / Suites / Collections similaires

Trouver des “compositions similaires” directes à “Bedauernswert” de Taki est une tâche nuancée car il s’agit d’un mélange unique de tragédie personnelle, de style romantique tardif et de sa signification en tant qu’exemple précoce de musique classique occidentale par un compositeur japonais. Cependant, nous pouvons identifier des pièces qui partagent des caractéristiques clés :

  • Pièces de caractère pour piano du Romantisme tardif exprimant le chagrin, la mélancolie ou le tumulte intérieur :
    • Johannes Brahms – Intermezzo, Op. 118 No. 2 (La Majeur) ou Op. 117 No. 1 (Mi bémol Majeur) : Les derniers intermezzi de Brahms sont des chefs-d’œuvre d’introspection, souvent imprégnés d’un profond sentiment de mélancolie, de nostalgie et de tristesse tranquille. Bien que pas toujours ouvertement “tragiques” comme “Bedauernswert”, ils partagent une profonde sincérité émotionnelle et une maîtrise de la texture pianistique.
    • Frédéric Chopin – Sonate pour piano n° 2 en si bémol mineur, Op. 35 (“Marche funèbre”), en particulier le 3e mouvement : C’est peut-être la comparaison la plus directe en termes d’expression tragique manifeste et d’un sentiment de solennité et de mort. Le mouvement “Marche funèbre” lui-même est emblématique de sa représentation du chagrin. De nombreux Nocturnes de Chopin (par exemple, Op. 48 No. 1 en do mineur) évoquent également une profonde tristesse et un désir introspectif.
    • Franz Liszt – Consolations, en particulier le n° 3 en ré bémol Majeur : Bien que les Consolations visent généralement le réconfort, elles découlent souvent d’un état de tristesse ou de réflexion préalable. Elles partagent une qualité lyrique et expressive et une compréhension idiomatique du piano.
    • Robert Schumann – Träumerei (des Scènes d’enfants) : Bien que plus douce, Träumerei (Rêverie) partage une mélancolie profondément introspective et tendre. Des comparaisons plus directes pourraient être trouvées dans les œuvres ultérieures et plus tourmentées de Schumann, bien qu’elles puissent pencher davantage vers le drame psychologique que le pur lamento.
    • Piotr Ilitch Tchaïkovski – “Valse sentimentale” (Op. 51, No. 6) ou des mouvements de ses sonates pour piano ou de la suite Les Saisons qui évoquent la tristesse : La musique de Tchaïkovski est souvent caractérisée par sa profonde émotionalité et parfois ses changements dramatiques, semblables à l’intensité de “Bedauernswert”.

  • Œuvres d’autres compositeurs écrites en réponse à une perte/maladie personnelle :
    • Leoš Janáček – Sur un sentier couvert, en particulier les derniers mouvements : Janáček a écrit plusieurs de ces pièces après la mort de sa fille, Olga, en 1903 (la même année que Taki est décédé). Elles partagent une qualité profondément personnelle, souvent douloureuse et fragmentée, reflétant le chagrin et le souvenir.
    • Gustav Mahler – Kindertotenlieder (Chants sur la mort des enfants) : Bien que pour voix et orchestre, ces chants sont une expression monumentale de chagrin et de perte, similaire en intensité émotionnelle à ce que Taki transmet instrumentalement.

  • Compositeurs japonais de la même période ou premières œuvres d’influence occidentale :
  • C’est plus difficile, car Taki fut l’un des tout premiers à composer dans ce style au Japon, et une grande partie de la production japonaise précoce sous forme classique occidentale a été soit perdue, soit moins largement connue.

    • Nobu Kōda (1870–1946) – Sonates pour violon : Kōda fut une autre compositrice japonaise pionnière qui étudia en Europe (Boston et Vienne) et adopta le style romantique. Bien que ses œuvres les plus notables soient pour violon, son approche stylistique de l’harmonie et de la mélodie partagerait un terrain d’entente avec Taki, car tous deux se sont immergés dans la tradition romantique allemande. Ses œuvres pourraient offrir un aperçu de musiques classiques japonaises similaires d’influence occidentale précoce.
    • Kōsaku Yamada (1886–1965) : Contemporain plus jeune de Taki, Yamada étudia également en Allemagne et devint immensément influent. Bien que sa production soit vaste et variée, y compris des opéras et des œuvres orchestrales, certaines de ses premières compositions pour piano ou chansons pourraient partager une sensibilité lyrique et romantique similaire, bien que peut-être pas toujours le même niveau d’intensité tragique.

    Lorsque l’on recherche des compositions similaires, la clé est de considérer le mélange du langage harmonique et mélodique du Romantisme tardif, de l’écriture pianistique idiomatique et d’un noyau émotionnel profond, souvent tragique. “Bedauernswert” est un joyau unique, mais ses racines stylistiques et son impact émotionnel peuvent être retrouvés dans les œuvres des grands compositeurs romantiques qui ont exploré les thèmes de la tristesse, de l’introspection et du destin.

    (Cet article est généré par Gemini. Et ce n’est qu’un document de référence pour découvrir des musiques que vous ne connaissez pas encore.)

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